« L’Emission Politique » de France 2 : on a touché le fond

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Le temps des vraies émissions politiques est révolu : celui où des journalistes, quelles que soient leurs convictions politiques, interviewaient avec une certaine élégance des politiques de haut niveau. Je pense à Paul Amar, Christine Ockrent, Arlette Chabot, Anne Sinclair, etc.

Avec « L’émission politique » de France 2, on a touché le fond. Pendant plus de 2h j’ai attendu que Léa Salamé finisse sa chronique mais en fait c’était ELLE qui présentait l’émission ! D’ailleurs, j’espère que Pujadas avait Candy Crush sur son iPhone pour tuer le temps.

Dans l’Emission Politique, il ne s’agissait pas de challenger un candidat sur ses propositions mais de lui savonner la planche pendant 2h et de l’humilier en lui coupant la parole systématiquement et en affichant – incrustés à l’écran – des tweets qui le cassent pendant qu’il s’exprime. Certainement un traitement particulier pour Nicolas Sarkozy. Je doute fort qu’ils soient aussi virulents avec Montebourg la semaine prochaine…

Il faut croire que l’objectif de France 2 est d’arriver à extraire de ce genre de néant audiovisuel des séquences de clash qui feront le buzz sur Internet. C’est loupé pour l’émission d’hier avec Sarkozy. Malgré les monologues sans fin énervés de Léa, il n’est pas né de la dernière pluie, il en faudra un peu plus que ce discours idéaliste et inadapté face à un ancien chef d’Etat, pour le faire sortir de ses gonds. D’ailleurs pourquoi a-t-elle besoin d’exposer son avis personnel ? Est-ce son rôle ? Quelle légitimité a-t-elle à le faire face à des personnalités politiques de ce niveau ?

Le sommet de la nullité était l’intervention à la fin de Charline Vanhoenacker que je n’ai même pas eu le courage de regarder jusqu’au bout. Quand je pense qu’à France 2 on a viré Paul Amar pour des gants de boxe…

À choisir, je crois que jeudi prochain je préfèrerai encore me taper les ch’tis et les marseillais VS le reste du monde en replay plutôt que de m’infliger à nouveau cette épreuve !

Fermeture des voies sur berges : la gestion de l’écologie par la gauche aussi bonne que celle de la laïcité

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À la question : comment faire pour diminuer les émissions de CO2 à Paris ? Anne Hidalgo répond : on ferme les voies sur berges  on créé des embouteillages monstrueux !

Une commission d’enquête a pourtant donné un avis négatif très détaillé et argumenté, mais Madame la Maire persiste et signe : elle « ne reviendra pas en arrière ».

Quand on constate la faible fréquentation des piétons sur les quais le dimanche (ils sont piétonniers le dimanche depuis plusieurs années) – en dehors des beaux jours 2 mois par an dont 1 mois de Paris Plage –  on réalise à quel point cette décision n’a aucun sens.

La commission d’enquête précise : «Les reports de circulation entraînés par la fermeture de la voie sur berge affecteront de manière significative un secteur plus large que les Ier, IVe, VIIe et XIIe arrondissements», notamment les «Ve, VIe et VIIIe arrondissements subiront un report de près de trois quarts des véhicules qui ne pourront plus emprunter» la voie sur berge.

En gros les voitures vont passer juste au dessus là où il y a VRAIMENT des piétons et elles vont mettre 4 fois plus de temps à circuler pour bien intoxiquer tout le monde. Quel merveilleux calcul !

Etant donné la circulation déjà très dense, personne ne prend sa voiture par plaisir à Paris. On la prend majoritairement lorsque les transports en communs ne sont pas adaptés ou lorsque l’on a des enfants en bas âges (essayez de prendre le métro avec une poussette juste pour voir, ou pire encore en chaise roulante !).

Si l’on veut diminuer les émissions de C02 à Paris, il n’y a qu’une chose à faire : diminuer la circulation des véhicules à émission de C02, pas la rallonger !

Il y a plein de mesures possibles pour cela :
– Péage à l’entrée du centre de Paris pour les véhicules non électriques (comme à Londres)
– Favoriser encore plus l’acquisition de véhicule propre pour les parisiens (la Renault Twizy par exemple ne bénéficie d’aucun bonus écologique alors que c’est une voiture française, adaptée à la ville et non polluante)
– À terme interdir les véhicules les plus polluants dans la capital
– etc.

L’écologie version Hidalgo c’est un peu comme si pour pousser les gens à être végétariens, au lieu de les laisser bien cuisiner les légumes et rajouter du tofu, elle imposait la cuisson à la vapeur sans assaisonnement. Une cause noble à l’origine, mais une exécution débile qui ne finit que par faire chier le monde.